mardi 2 août 2011

Mr Samu

Vendredi soir
Début de mon week-end à la maternité. Une petite maternité, dite niveau I, avec 3-4 accouchements par jour, comme il en existe tant d'autres...
J'avais eu les transmissions en début d'après midi, et j'attendais patiemment le coup de fil de fin d'après midi pour me dire que tout allait bien.

20h00 : pas de nouvelles, bonne nouvelle, il n'a pas du se passer grand chose pendant l'apres midi, et le médecin ne va pas apeller
20h05 : Appel manqué sur le portable (pas classe...) et message, tu peux me rapeller?
20h06 : "Bon, j'ai une inhalation méco que je vais mettre en VNI, et une césar sur le feu, tu peux venir?"

Les dés sont jetés, et je me prépare à une soirée à la maternité...

Au final, après 2h-3h de tournage autour du pot, je me décide à apeller mon ami le SAMU pour transferer ma petite patiente qui reste oxygénodépendante sous sa VNI. Je n'ose pas essayer de lui enlever, parce que je n'aime pas jouer, que je ne suis pas à l'aise avec le matériel et qu'elle désature dès qu'on l'embête...

Mr SAMU arrive, et me regarde de haut...

Je lui reraconte les antécédents de la mère, la grossesse, ce qu'on a fait et pourquoi je l'ai apellé. Il me regarde encore de haut, enleve la canule de VNI, la pose sur la table et me regarde de cet air désagréable qui veut un peu dire, bon pfff encore une patiente qui n'a pas besoin de nous...

J'ose lui dire que je ne l'ai pas perfusé, ni mis d'antibiothérapie et là, nouveau regard...
Ben oui, je ne me suis pas dit qu'il y avait urgence à lancer la grosse artillerie, j'ai laissé sa chance à la petite, et je me suis dit que peut etre elle passerait le cap en quelques heures...

6 tentatives de perfusion plus tard : le constat est là, elle est oxygénodépendante sans VNI mais à 0,1L/min, et on se repose les indications de l'antibiothérapie (enfin plutôt ambiance externe interrogé par le PH qui passe toutes les 3 semaines...). Le transfert est enfin validé par Mr Samu.

00h30, transfert effectué. Oui, ca me fait mal au cœur de transférer un bébé pour un peu d'oxygène, mais clairement, on est dans les limites de ce qu'on peut faire en toute sécurité. Oui, j'aurais pu essayer de lui enlever sa VNI plus tôt mais difficile de savoir quand le faire et de le faire dans de bonnes conditions au vu du matériel disponible et de l'équipe présente. Oui, j'ai fait pleurer la maman en lui disant que sa petite n'allait pas bien et je n'ai pas pu  la rassurer totalement. Mais pas besoin de me regarder de haut, sans explications!

Je rentre chez moi plein de questions et de doute, je me demande si je n'aurais pas du attendre encore un peu, si vraiment le transfert été nécessaire, quelle aurait été la prise en charge optimale...

Je rappelle le lendemain, la petite est toujours sous oxygène, n'a pas d'antibiotiques et mange bien.

Lundi 15h00 : retour de l'enfant auprès de sa mère dans notre service, examen clinique parfait.

Au final, plus de peur que de mal. Mais pourquoi, les SMURistes se sentent obligés de nous regarder de haut? Pourquoi est il difficile d'avoir une communication simple avec eux?

J'en ai reparlé à une des pédiatres qui m'a gentiment dit que de toute façon Mr Samu était du genre peu communicatif, mais que ca se passait bien avec elle vu qu'elle avait été son chef de clinique.
Faire ses preuves, encore et toujours...